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Focus VIP : Tiffany Kalema, la Kongolaise à la tête de la chaîne de restaurants « L’Afrodisiac »

Originaire du Kongo, Patronne de L’Afrodisiac à Paris. Un Restaurant Chic, qui a ouvert ses portes en octobre 2018 et qui porté par la rigueur et le dynamisme de l’équipe autour, conquiert peu à peu les cœurs et les palais parisiens. Derrière ce sourire accueillant et sa convivialité, se dresse une redoutable Visionnaire et Cheffe d’entreprise rigoureuse. C’est l’invitée Prestige de notre rubrique, Focus VIP : Tiffany Kalema !

Situé au 16 Rue Thorel dans le 2ème arrondissement à Paris, s’érige ainsi l’une des belles adresses gastronomiques de Paris, créée par une autre Talent des Diasporas Africaines. Une clientèle variée venant de tout horizon culturel a dès lors si vite adhéré à cette Gastronomie « Afrodisiac », mais surtout aussi séduits par le professionnalisme des équipes Chargées d’accueil.

La trentaine d’années, originaire de la République Démocratique du Congo, mariée et mère de 2 garçons, elle est titulaire  d’un Baccalauréat STT (STG actuel), puis a obtenu un BTS Action Commerciale (MUC actuel). De parents divorcés, ayant été essentiellement élevée essentiellement par sa mère, avec un père plus ou moins présent, elle est l’avant dernière d’une fratrie de 5 frères et sœurs.

C’est l’histoire de Tiffany Kalema, l’un des nombreux diamants bruts que comptent les diasporas africaines d’Europe. Loin des feux des projecteurs, elle construit à l’ombre du show-business, doucement, mais sûrement son « petit » Empire !

RENCONTRE

Tiffany Kalema, votre parcours de vie, académique, professionnel et personnel est riche de voyage et d’évasion. Parlez-nous en un peu plus…

J’ai travaillé dans la communication pour la vente de supports publicitaires, dans les assurances ; puis dans la finance à la Banque Postale et enfin à HSBC France. Ma scolarité s’est effectué en cycle primaire à l’école Marcel Cachin (Valenton), puis au Collège Joliot-Curie (Valenton 94) et enfin le Lycée et études secondaires à Guillaume Budé (Limeil-Brévannes 94).

Les voyages occupent en effet une part importante dans le devenir de la femme que je suis. Il faut savoir que j’ai mis les pieds dans mon pays d’origine pour la première fois assez tard… j’avais 26 ans.

Les retrouvailles avec mon pays le Congo Kinshasa m’ont confrontée à une Afrique à deux vitesses ; entre l’extrême richesse et en même temps à quelques rues plus loin, la vision d’une violente pauvreté, ce que je n’avais jamais vu auparavant, un autre monde, différent de mon confort occidental. Cela ouvre l’esprit, ça ne peut être qu’enrichissant, on devient une autre personne, on est moins centré sur soi.

J’ai aussi visité le Maroc, l’Espagne, et différents pays limitrophes européens. Lors de mon voyage à Marrakech par exemple, j’étais dans le luxe, et j’ai eu un regard différent des gens originaires du pays, différent de la femme régulièrement véhiculée en Ile-de-France. Je fus agréablement surprise, cela brise des barrières, annule des préjugés ; quoi qu’il advienne, les voyages, c’est une ouverture sur le monde.

Nous devenons une autre personne, nous nous ouvrons, c’est toujours bien de voir ces choses par soi-même. J’ai toujours pensé que beaucoup d’esprits fermés et cartésiens l’étaient surtout parce qu’ils n’avaient pas suffisamment voyagé ; ce qui est à contrario à mon sens, la véritable pauvreté. Le voyage est une richesse, voir le monde avec ses propres yeux est nettement plus réaliste, que ce que nous rapportent les médias par exemple.

Avant d’aborder la femme entrepreneure, comment était la jeune fille deux décennies en arrière, dans les cours de récréation ?

A l’école, je n’étais pas timide du tout, au contraire, très sociable, très ouverte, je prenais le rôle d’une Cheffe de bande, espiègle, curieuse… Plutôt leader, garçon manqué, taquine. Aujourd’hui, je le suis encore dans l’esprit, toujours dans la taquinerie, dans l’humour, mais plus féminine en apparence.

Parlons de votre marque : l’Afrodisiac restaurant !

Mon choix d’avoir choisi ce nom pour mes établissements, est un jeu de mot en choisissant l’orthographe « AFRO » plutôt que « APHRO », afin de mettre l’accent sur l’Afrique.

Un Aphrodisiaque c’est aussi un stimulant, un excitant, n’y voyez pas un caractère sexuel.  Pensez plutôt reboostant, revigorant ; ce qui est une vertu du gingembre qui en plus d’avoir la réputation d’être un aphrodisiaque, est aussi très régénérateur, très bon pour la santé. C’est un vrai « boosteur », comprenez-le dans ce sens. S’il y a un l’élément qui ne manque à aucun de mes plats, c’est bien lui. « Afrodisiac » a aussi été pour moi, une touche humoristique, j’aime m’exprimer par l’humour.

Enfin, le premier restaurant s’appelant l’Afrodisiac, j’ai jugé bon de reprendre cette appellation pour mon second, dans la continuité de mon projet…

Lire aussi, Afrisia : une application qui référence les types de business selon les « Valeurs » du consommateur

Parlant de continuité de projet, qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir vous lancer dans cette entreprise Afrodisiac ? 

Avant les Afrodisiacs, j’avais un restaurant, Le BCBG (Bon Chic Bon Goût) ; et les difficultés que j’ai rencontrées concernaient le fait de trouver un bon emplacement, de bons fournisseurs, trouver un bon personnel, fiable, professionnel, qualifié ou en recherche de qualification. Et ensuite, la communication : comment aller chercher le client ? A l’époque les restaurants africains n’avaient pas très bonne réputation, ils n’attiraient pas forcément l’œil. Je devais briser cette barrière, aujourd’hui encore d’ailleurs.

Quelle différence peut-on avoir entre les deux restaurants « L’Afrodisiac » ?

D’un restaurant à l’autre, la cible n’est pas la même. A Paris, le type de clientèle est plus élargie, ce sont des personnes qui ont un pouvoir d’achat plus ample, le standing est différent, et la clientèle vient chercher une qualité de service et d’accueil supérieure.

Vous faites aujourd’hui partie des entreprises référencées sur le site Afrisia. En quelques mots, que pouvez-vous nous dire de cette initiative mise en place par un autre talent de cette Diaspora Africaine ?

Je ne peux qu’encourager l’initiative Afrisia ! Beaucoup de choses fonctionnent avec un système de réseautage aujourd’hui. Ça ne peut qu’être positif pour notre communauté, et par extension, la communauté Afrisienne…

Je n’ai pas réfléchi à deux fois, lorsque le projet Afrisia m’a été proposé. J’ai accepté immédiatement. Un réseau comme celui d’Afrisia, m’apporte plus de visibilité.

Un(e) Afrisien(e) bénéficie d’une petite réduction s’il se restaure chez moi, c’est un rapport gagnant-gagnant. Cette collaboration crée de l’économie positive au sein des diasporas Afros.

De gauche à droite : Christian Kamtchueng, Fondateur de l’entreprise Afrisia ; Tiffany Kalema, Propriétaire des restaurants « L’Afrodisiac » ; Ralf Touomi, Fondateur de l’Association RIDAAF et du média Kamita Magazine

Peut-on avoir une idée des surprises à découvrir cette année 2019 au restaurant l’Afrodisiac ?

Des surprises ? Bien sûr que nous en aurons ! Rappelons tout de même qu’à ce jour, nous ne sommes qu’à 3 mois d’ouverture. Donc nous avançons petit à petit, d’un pas sûr, mais pas lent. Vitesse, sans précipitation. Bientôt, les Brunchs seront lancés, et à moyen terme, nous espérons les « Happy Hours » … J’invite vos lecteurs et lectrices à continuer à rester connectés sur Kamita Magazine, tout en s’abonnant sur Afrisia et en suivant « L’Afrodisiac restaurant » sur ses différents réseaux sociaux, afin d’être les 1ers à découvrir ces surprises à venir !

La femme ou l’homme que vous admirez le plus ?

Etant une femme, c’est naturellement que je m’identifierai plus facilement à une autre. Pour commencer, il y a ma mère, une femme très forte d’esprit, qui malgré les épreuves difficiles, à l’instar de son divorce, s’en est toujours sortie ! Elle est battante, et m’inspire spirituellement. Par ailleurs, je citerai également Oprah Winfrey, Michelle Obama et Winnie Mandela qui m’inspirent beaucoup.

Pouvoir, Leadership, Popularité… S’il ne fallait qu’en choisir un…

Je choisirais le pouvoir, car généralement le pouvoir naît d’un Leadership, qui amène une popularité. Tout ceci, disons-le, est souvent complémentaire.

Pour finir, quel est le dernier auteur afro que vous avez lu ou le dernier film afro que vous avez regardé ?

J’ai acquis le livre de Michelle Obama, « Devenir », que je n’ai pas encore terminé de lire. Le dernier film Afro que j’ai vu est celui de Sana Lathan, « Femme de Tête ».

Commentaires

Ralf Touomi

Diplômé en journalisme, j'ai fait la rencontre des Antilles en 2012 en découvrant notamment la Martinique. Depuis lors, est née ma mission de contribuer à la création de véritables ponts entre l'Afrique, les Diasporas Africaines et les Afrodescendants Ultra-marins. Kamita Magazine est l'outil média qui apporte sa pierre à cet engagement personnel.

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