Kamita Magazine

Focus VIP : « Afrisia », l’engagement d’un révolutionnaire à visage découvert

Celui à qui est souvent fait le parallèle dans la ressemblance avec Teddy Riner, est un personnage atypique et plutôt discret du microcosme Afro parisien. Bien loin pourtant d’en être un inconnu, Christian Kamtchueng vit en région Parisienne. Partenaire privilégié de Kamitamag, grand angle sur un Talent extraordinaire !

Entretien

 

Christian Kamtchueng, expert en finance quantitative, professeur, mais aussi chef d’entreprise et écrivain. Parlant d’entreprise : Afrisia…de quoi s’agit-il  ?

Tout d’abord, je vous remercie de me donner l’opportunité de parler d’un projet qui me tient à coeur. Afrisia est un outil à la consommation consciente. Peu importe les motivations, nos utilisateurs se retrouvent face à un dilemme entre leurs valeurs et leurs actions. Nous avons voulu rendre à la société civile son pouvoir par l’intermédiaire de sa consommation. Nous avons tous une part de responsabilité, et Afrisia fait de notre consommation une arme citoyenne de défense de nos valeurs. Nous voulons éradiquer le rapport qualité prix ; « à qualité égale, choisissez vos valeurs ! »

Concrètement, l’utilisateur est au centre de notre projet ; il peut proposer des labels (valeurs par exemple : BIO ou Équitable), des business types (besoin de consommation : Coiffeur, Épicerie) et aussi référencer des nouveaux business sur l’application.

De l’autre coté, nous voulons offrir aux « invisibles », ces valeureux entrepreneurs qui ne jouissent pas de grande visibilité faute de moyen ou de temps, un espace de démarcation où ils pourront non seulement décrire leur façon d’exécuter leur business mais aussi les valeurs qu’ils véhiculent ou souhaitent véhiculer à travers leur business, leur identité ou même leur personne.

A quelques semaines du Lancement officiel de l’application Afrisia qui aura lieu le 4 mai 2017 dès 18h30 à la Halle Pajol à Paris, quelles sont vos attentes concernant cet événement ?

L’idée  est de créer une synergie, fédérer derrière ce projet, et surtout éveiller les consciences sur les responsabilités de chacun.

Au lendemain de ce 4mai ? Quid des aspirations et objectifs futurs ?

Clairement, nous voulons faire partie du réflexe de consommation de tout à chacun. Avant même de sortir son argent, le réflexe devrait être d’aller sur Afrisia.  Comme expliqué précédemment, nous voulons changer le monde, ramener un peu d’humanité dans notre société.

« C’est ensemble que nous changerons le monde », dites-vous très souvent. Dans cette société actuelle de précipitation où règne la réussite individuelle, n’est-ce pas quelque peu utopique de parler de changer le monde ensemble ? Et même…comment une simple application pourrait-elle « changer le monde » ? 

Je parle dans Le Manifeste de la Raison Objective, de révolution. Je pense qu’avant d’entrer dans une révolte de masse des peuples, la société civile a encore des cartes à jouer. Le nerf de la guerre est économique ; j’espère que mon message pourra toucher tous types d’individus dans leurs problèmes existentiels mais aussi dans cette lutte universelle pour un monde meilleur, équilibré, et ne pas subir les valeurs d’une minorité.

La réussite individuelle doit être basée sur les désirs de l’individu et non pas de son environnement. Une connaissance de soi est indispensable. J’ai moi même été dans cette course mais une introspection de mes aspirations et leur origine m’a permis de m’émanciper et de mettre de la distance entre ma personne et les valeurs marketées par mon environnement. Je suis le seul juge de ma réussite. Cependant, une question importante m’a poussé dans cette mission aux allures utopiques : « quel monde allons-nous laisser ? » « que faire après ce constat ? ». Je ne demande pas à tout le monde de prendre des risques. par contre, nous sommes une majorité à être d’accord sur le constat. Avec Afrisia, vous avez la possibilité d’agir. Et c’est avec l’accumulation de ces « petits » gestes que les lignes changeront.

Abordons maintenant votre casquette d’auteur. Un mot sur « Le Manifeste de la Raison Objective » ?

Clairement, je voulais rendre accessible le constat (le caractère non-efficient du capitalisme libéral) et rendre simple ma vision de la Société Équilibre.

Boxeur, je veux frapper les consciences

Steevy Gustave, Bintou Dembele, Christian Kamtchueng lors d’une intervention à l’espace jeunes Michel Saint Martin de la ville de Montrouge lors de la semaine contre le racisme Mars 2016.

En vous lisant, il faut déjà dire que c’est une oeuvre remarquable, l’on remarque aisément que vous vous faites une spécialisation sur les « punchlines ». Entre autres : « plus smartest est le téléphone et plus bête est l’utilisateur »…

En effet, il faut bien se dire que nous sommes dans une société en mouvement ; même en terme de communication, la patience a perdu sa vertu. On réagit vite et émotivement. J’aime souvent dire : boxeur, je veux frapper les consciences…

Concernant cette punchline évoquée, c’est aussi pour rappeler à tous qu’avec le Smart phone, nous perdons des réflexes, nous devenons dépendant d’un accessoire dont nous n’avons pas forcément besoin. Retenir deux numéros de téléphone est une corvée quand il y a encore vingt ans, on pouvait en retenir une vingtaine.

« La médecine occidentale puise la base de ses recherches sur la médecine traditionnelle. Elle recycle les vieilles recettes de « grand-mère » en insultant la « grand-mère »…

Tristement véridique ! Le capitalisme libéral nous prive des principes de base de réflexion. En ce qui concerne l’industrie pharmaceutique, c’est très grave.  Des sociétés plus anciennes ont basé leur savoir sur la connaissance de la nature. Aujourd’hui, nous arrivons à des paradoxes ultimes où les recettes basées sur des plantes des pays africains notamment sont dites dangereuses car non conformes à une réglementation (basée encore sur des valeurs capitalistes) ; alors que la R&D est basée sur l’étude de ces recettes. On a plus confiance au comprimé dit « magique », qu’à la plante, naturellement magique !

Echange de livres entre Wendel Pierce (alias Bunk dans the Wire) et Christian Kamtchueng (octobre 2016). Le Vent dans les roseaux contre les Voeux de Monsieur Dockins.

Que pensez-vous du déroulement des élections présidentielles françaises de 2017 ? 

Je dirai qu’elles vont nous livrer leurs lots de surprises, notamment de la part des présupposés « petits » candidats. Lors du débat à 11, l’un des candidats a fait preuve de pragmatisme qui a laissé sans voix tous les autres.

En Afrique, quelques régions économiques ont déjà mis sur pied des passeports particuliers (Cemac-Cedeao, etc.) Que pensez-vous de l’hypothèse plus large d’un passeport Africain ?

C’est une grande avancée. Il ne faut pas oublier que des tensions existent encore entre les peuples du fait de la direction de la croissance africaine. L’Afrique doit absolument construire une société « équilibre » sinon elle subira le même sort que les européens.  Une vrai autonomie et indépendance sur les besoins primaires avec des circuits courts (écologiques et contrôlés).

En adressant un mot de fin aux lectrices et lecteurs Kamitamag, dites nous quelle est votre citation préférée et le dernier livre que vous avez lu ou lisez encore en ce moment ?

Tout simplement, j’invite chaque lecteur et lectrice à continuer à supporter ce média qui brille de professionnalisme, et ne pas hésiter à devenir acteur de votre consommation en téléchargeant l’Application Afrisia. La version iOs est en développement.

De même, entrepreneurs contactez nous et nous serons ravis de vous avoir pour partenaires. Je finis en ce moment un livre sur Imhotep et relis les notes de mon prochain ouvrage « Génie & Folie ». On en reparlera très bientôt, toujours sur Kamita Magazine !

Christian Kamtchueng : le caractère utopique ne dépend que de la résilience de l’exécutant

Infos Pratiques

Page Facebook Afrisia

Page Facebook Le Manifeste de la Raison Objective

Site Web Afrisia

Site Web Christian Kamtchueng

Commentaires
Mama Ayaba