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Bintou Doumbia : Fondatrice de l’association PHAWOP, rêves et sacerdoces d’une femme malienne

Doumbia Bintou est une Franco-malienne, résidant dans le 92 Châtillon en région parisienne. Passionnée de mode, à cause d’offres d’emplois qui se faisaient rares dans ce secteur de métier, elle s’est peu à peu dirigée vers sa deuxième passion : la Santé. Elle a fait de cette passion, aujourd’hui, sa profession. C’est ainsi qu’elle débute une carrière d’infirmière. Fondatrice de l’association PHAWOP, elle nous livre dans cet article, son parcours, son engagement associatif et humanitaire !

RENCONTRE

Bintou Doumbia, s’il fallait brièvement résumer votre parcours, et que vous ont apporté sur le plan humain, ces nombreux voyages et différentes rencontres culturelles ?

Je suis arrivée en France à l’âge de 12 ans ; j’ai ensuite intégré une classe de CM2. J’ai donc suivi un cursus normal. Passionnée par la couture et la Mode, j’intègre un lycée professionnel. Après plusieurs années passées à l’école de couture, je me suis dirigée vers ma seconde passion qui est la santé. J’ai ainsi commencé en 2003, comme agent hôtelier d’hôpital (ASH).

À l’hôpital européen Georges-Pompidou après plusieurs années de travail et de formations, j’ai enfin pu débuter ma carrière d’infirmière. En effet, j’apprécie beaucoup les voyages. Dans le même sens, l’association PHAWOP m’a permis de faire de très belles rencontres, pour pouvoir répondre au mieux aux besoins capillaires cosmétiques de mes patients.

Pendant mes recherches, j’ai réussi à trouver les produits de qualité pour mes patients à travers plusieurs pays comme le Brésil, dont je suis littéralement tombée amoureuse : de la samba, de la joie et de la bonne humeur qui sont ancrées dans leur culture.

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Quel type de fille étiez-vous dans la cour de récréation ? Et quelle femme êtes-vous aujourd’hui ?

Bintou Doumbia et Soussaba Sissoko, de l’association PHAWOP en interview sur la chaine radio Beur FM

Dans la cour de récréation je n’étais pas une fille timide, mais plutôt bagarreuse ! Aujourd’hui après plusieurs expériences de la vie, des pleurs, des joies, des combats, je me sens une femme déterminée, forte, qui croit en elle… en son potentiel et en ses capacités !

Parlons de l’association PHAWOP dont vous êtes la Fondatrice : de quoi s’agit-il concrètement ? 

L’association PHAWOP a pour but de restaurer, permettre aux malade et leurx aidants à se réapproprier l’estime de soi. L’Association existe depuis 5 ans. Notre message s’adresse à toutes les personnes et notamment à ces femmes qui veulent se sentir belles et fortes ! A tous ces personnes qui malgré les coups bas de la vie, les maladies, les aléas d’un quotidien difficile, arrivent à se lever tous les jours pour se battre contre vents et marées. je m’adresse à tous ces personnes qui ont la force de se battre !

Pourquoi avoir décidé un jour de mettre sur pied ce projet associatif ?

J’ai décidé de créer cette association pour aider mes patients, mes adhérentes, à se sentir belles dans leur tête, dans leur corps, malgré les effets secondaires de la chimiothérapie avec des produits de qualité à moindre coût car je trouve que la beauté,la santé, l’humain, n’ont pas de prix.

Quand je vois les produits cosmétiques ou capillaires pour ces personnes qui sont malades, à des prix  exorbitants, cela me rend moi-même malade. Vous me direz peut-être que je vis dans un monde de bisounours, certes ! Mais je veux tout juste contribuer à redonner l’estime de soi, apprécier la beauté individuelle en chacune de nous.

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Vous préparez dans quelques mois l’organisation d’un beau Gala, pour sensibiliser autour de la maladie du cancer et ses victimes. Que pouvez-vous nous dire en quelques mots de ce événement à venir ?

Effectivement l’équipe PHAWOP se prépare pour une grande Rencontre le 19 octobre 2019. Il s’agit d’un événement qui a pour but de laisser la parole… aux hommes ! Ces hommes qui malgré l’amour qu’ils ont envers leurs femmes, mères, filles, sœurs, en dépit de leur force, sont également touchés par l’ouragan cancer. Ils se sentent eux aussi impuissants, démunis, à bout de force, pour aider leurs proches.

En organisant ce Gala de Charité, je souhaite montrer leur magnifique soutien au travers des témoignages, des actions et surtout parler du tabou autour du cancer notamment en Afrique. Ce sont ces tabous qui tuent bien plus que la maladie elle-même !

C’est donc un choix bien défini, donner ainsi la parole au hommes ?

Oui ! A eux de nous dire, sans tabou, leurs ressentis, leurs peurs, leurs craintes, leurs angoisses, leur frustrations, leurs colères face à cette maladie qu’est le cancer ; et surtout je souhaite dire à ces messieurs : vous n’êtes pas seuls !

Chez PHAWOP, nous prenons le temps de les écouter et nous accordons de l’importance à leurs témoignages. A vous chers hommes, chers messieurs, nous les femmes, nous entendons vos douleurs, nous ressentons vos peines, nous apprécions vos soutiens, nous vous comprenons !

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TEAM PHAWOP. de gauche à droite, Soussaba Sissoko, Hanna Mbeleg et Bintou Doumbia.

Dans ce projet associatif, vous êtes également accompagnée par deux femmes tout aussi engagées que vous. Un mot sur Soussaba Sissoko et Hanna Mbeleg ?

C’est un réel plaisir de collaborer avec Hanna Mbeleg et Soussaba Sissoko qui ont chacune des compétences respectives. J’ai eu la chance de trouver des personnes qui comprennent ce côté humain, la dimension de l’entre-aide. Elles sont aussi engagées que moi !

J’ai de la chance de bénéficier de leur expertise en tant que femme, en tant qu’humain car elles ont tellement de choses à partager, à donner pour moi. Je vous assure, lorsqu’on s’engage dans de pareilles aventures associatives, il n’est pas facile de tomber sur des belles personnes, de belles âmes.

Elles m’ont accompagnée dans ce projet là et je veux juste les remercier, une fois encore, pour leur engagement, leur détermination, le courage et surtout… elles arrivent à me supporter tous les jours, et ça, ce n’est pas facile (rires…)

Depuis quelques mois, en prélude à ce Gala de Charité, vous êtes accompagnées par l’association RIDAAF, un Réseau Professionnel qui aspire à mettre en lumière par l’expertise journalistique et par des mises en relation, différents Talents Entrepreneurs et Associatifs des Diasporas Afros. Que pensez-vous d’un tel projet et comment décrirez-vous le rôle que peut jouer une telle initiative associative au coeur de ces Diasporas ?

Merci de me permettre par cette question de réitérer ma fierté et mes remerciements sincères à l’endroit de toute l’équipe RIDAAF ! Non seulement ils nous accompagnent dans le volet médiatique sur le Gala de Charité, mais grâce à ce Réseau, l’association PHAWOP a pu obtenir d’importantes mises en relation avec des professionnels qualifiés, afin de construire et préparer au mieux notre événement.

Sans langue de bois, je trouve que cette initiative est vraiment extraordinaire ! Le RIDAAF aide beaucoup de jeunes associations comme moi ou des Entrepreneurs à se lancer, à être accompagnés avec des bonnes personnes, des talents parfois anonymes, qui font pourtant partie de ce qu’ils appelles au RIDAAF : la Diaspora positive. de la diaspora afro.

C’est véritablement une chance pour l’association PHAWOP et moi en particulier, et je le reconnais, de pouvoir compter sur le soutien, les bons contacts et l’accompagnement médiatique du RIDAAF. Je pense sincèrement que ce type d’initiative ne pourra qu’aider davantage les Diasporas Afros à mieux (re)trouver leur place et s’exprimer tant dans leurs pays d’accueil que sur le continent mère.

Commentaires

Ralf Touomi

Diplômé en journalisme, j'ai fait la rencontre des Antilles en 2012 en découvrant notamment la Martinique. Depuis ce jour, j'ai découvert, à l'instar de ce qu'invite à faire Frantz Fanon, ce que serait désormais ma Mission ici-bas...

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