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Dans l’univers de Estelle Mitata, la togolaise Fondatrice de l’ONG « Ensemble Pour l’Humanité »

Évoluant dans le secteur médical, Estelle Mitata s’est également engagée dans le social à travers son association qui porte le nom de «Ensemble pour l’humanité». Le but est d’aider les femmes de son pays d’origine qui est le Togo, à mieux s’émanciper dans tout ce qui est «Éducatif».

ENTRETIEN

Avant toute chose, qui est Estelle Mitata ?

Il faut dire que Estelle Mitata est une femme qui s’est lancée dans le social à travers son association “Ensemble pour l’humanité” qui existe presqu’une année. J’ai toujours été attirée dans le milieu médical, c’est ainsi que depuis janvier 2004, je travaille et évolue dans ce secteur en tant qu’aide-soignante.

Cela fera combien de temps que vous avez mis en place votre association pour l’éducation de la femme africaine ? Comment évolue-t-elle ?

L’ association « Ensemble pour l’humanité a été créée le 17 février 2019. Elle est constituée de 12 membres, accompagnés également par un conseil administratif de 7 personnes. Nous nous sommes totalement concentrées sur le plan administratif, donc faire différentes démarches pour obtenir un numéro, un récépissé pour la faire connaître auprès des institutions togolaise.

Actuellement, je peux dire que nous commençons à rentrer dans le vif du sujet car il y a un premier envoi de matériel qui a été fait au niveau du Togo et nous sommes aussi en train de localiser les sites où nous allons distribuer du matériel puis intervenir sur place.

Quelles sont vos prochaines étapes ?

Avec toute l’équipe, nous allons nous concentrer très prochainement sur le domaine médical en fournissant du matériel dans les régions reculées. On ne s’arrêtera pas seulement là, nous allons également faire de la sensibilisation, de l’éducation et de la prévention concernant les maladies les plus fréquentes de notre époque telles que le Diabète, Le cancer et Les infections Sexuellement transmissibles (IST) etc.

Nous avons aussi plusieurs autres points tels que l’éducation des jeunes, les formations sur l’entrepreneuriat, l’aide et la réinsertion sociale. Même si ces volets sont à prévoir sur le long terme.

Estelle Mitata, Fondatrice de l’Asscociation éEnsemble Pour l’Humanité » ; crédit photo : Piwirho

Qu’est ce qui vous a motivé à mettre en place ce projet ou cette association ?

Merci pour votre question qui est pertinente. Ce qui m’a poussé à mettre en place cette association, c’est une grande réflexion personnelle que j ‘ai eue, quant à mon rôle et mon apport à la société ; mais également je pourrais évoquer une constatation, dans ce sens qu’il y a de plus en plus des besoins qui se font ressentir en Afrique, et en particulier dans mon pays de naissance.

Nos objectifs sont aussi d’apporter les moyens attendus par les populations afin qu’elles puissent par la suite être autonomes. Nous devons concrétiser cela avec toute l’équipe. Comme je l’ai dit dans la précédente réponse, l’association étant récente , aucune personne n’ a encore pu bénéficier de nos actions pour le moment et nous n’ avons pas pu encore impacter des femmes ou les populations.

Nous venons pour l’instant de semer les premières graines, et  remercions néanmoins toutes ces personnes qui nous aident, et ces organismes qui nous accompagnent, à l’instar du RIDAAF -Réseau International des Diasporas Africaines et Afrodescendants-

Agnes Odhiambo, chercheuse senior auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch, a déclaré ceci : « L’Afrique ne pourra pas se doter d’une main d’œuvre qualifiée tant que les autorités chasseront les filles de l’école parce qu’elles sont enceintes ». Qu’en pensez-vous ?

Concernant la citation de Madame Agnès ADHIAMBO, je suis du même avis. En effet selon moi, le parcours présent d’un individu ne définit pas son avenir. Il est important que la femme soit instruite puisque c’est elle, en tant que mère, qui bien que l’éducation vienne des deux parents, détient l’ éducation de ses enfants ; sans oublier que l’ équilibre de toutes les nations a pour base la famille.

La société actuelle nous dépeint l’homme comme étant celui qui dirige la famille ; mais celle qui la tient, c’est bien la femme, épouse ou mère. Oui, la femme est le noyau de la famille, d’elle ressort toutes les sources et ressources.

Mais pour qu’elle puisse être ce noyau impactant, ce cœur pour sa famille, il faut qu’elle ait les bons apports intellectuels, éthiques, les valeurs, sagesse et autres, pour pouvoir produire ensuite de bonnes semences.

Est-ce qu’on peut dire dans votre pays de naissance où votre association aspire à être très active dans les mois à venir, que les choses commencent également à évoluer par rapport à la femme dans la société ?

Ce qui important je trouve, nous ne baissons pas les bras, nous continuons à nous battre pour réaliser ce projet qui nous tient à cœur.

Le véritable enjeu pour nous est surtout de faire bouger les lignes en agissant et en orientant ces femmes qui sont longtemps restées chez elles ; des femmes qui ont beaucoup de capacités mais qui cultivement malheureusement parfois encore de nombreuses théories rétrogrades.

La femme doit se lever dans tous les domaines et élever le monde, car elle en est vraiment capable.

Un mot pour la femme africaine ?

Mon mot pour la femme africaine est de ne pas se laisser conformer aux critères de notre époque dont entre autre d être la femme superficielle, portée sur les biens matériels et ses propres intérêts. La société de consommation, les buzz, la vie mondaine, vivre une vie à un rythme effréné, boîtes de nuits, alcool etc…Toutes ces choses futiles où lorsqu’arrive le jour, l’on se rend compte que notre temps est passé sans qu’on y prenne garde, ne laissant rien de productif.

La vérité de chacune des femmes africaines et du monde entier se trouve en chacune d’elles. Donc, je les encourage à rechercher et puiser en elles ce qu’elles possèdent, qui elles sont, pour ensuite le développer non pas pour leur propre intérêt mais pour en faire bénéficier la société.

Estelle Mitata, votre mot de fin ?

Je profite de cette tribune pour remercier toute l’équipe autour du RIDAAF -Réseau International des Diasporas Africaines et Afrodescendants, par son président Ralf Touomi, pour la confiance et surtout pour m’avoir permis cet espace d’expression afin de présenter ce projet qui me tient à coeur.

Le RIDAAF me permet également de pouvoir créer des synergies et mutualiser les actions avec d’autres personnes ou organismes qui souhaiteraient nous apporter leur soutien.

Commentaires

Glodie Mungaba

Reporter à Stampmedia, un média flamand et Congoforum, Il est fier de ses années d’expérience dans la presse. Curieux et ouvert d’esprit, Il n’hésite pas à côtoyer différents professionnels des médias. Ces différentes rencontres constitueront pour lui l’élément déclencheur de son désir de bien écrire « le fait de côtoyer des spécialistes de la presse a suscité en moi le goût de faire et de bien faire ce métier ».

Mama Ayaba