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Scandale au PS belge : « Voir s’effondrer Yvan Mayeur et revivre », l’Edito d’Olivier Mukuna

Bruxelles est secouée depuis quelques jours par un scandale politique touchant plusieurs élus du Parti Socialiste belge. A l’instar du bourgmestre(maire), Yvan Mayeur, qui s’est vu contraint de démissionner pour éviter de plomber l’ensemble de son parti à l’approche des élections. Dans ce tumulte ambiant, la plume légendaire d’Olivier Mukuna ne pouvait manquer de se faire visible. Et une fois de plus, « l’Incroyable Archer » a touché sa Cible ! Edito

Un jour, un sage réellement socialiste, pour lequel j’ai grande estime, m’avait confié : « C’est bien ce que tu dis, mais tu parles trop de toi ». En plein effondrement de l’imposture de son parti, pour cause d’escroqueries en série, j’ai voulu me conformer au souvenir de sa sage parole. Sans savoir combien de temps j’allais tenir. 8 jours. On fera mieux la prochaine fois…

Olivier Mukuna, Journaliste

La première fois que j’ai vu Yvan Mayeur, c’était au début des années 90 au Théâtre de Poche, pour je ne sais plus quelle conférence. Quand la parole fût donnée au public, un ping-pong virulent s’installât entre Mayeur et… Josy Dubié. Deux dikkeneks de Bruxelles. Connus dans le microcosme pour être des grandes gueules à ne pas trop taquiner. Mais ils n’étaient pas encore des hommes de pouvoir ; au PS pour l’un, à Ecolo pour l’autre. Yvan et Josy n’étaient plus assis : ils s’invectivaient debout. Le ton est monté si haut qu’on a dû les séparer. Ils en étaient à s’empoigner. J’étais accouru près de ceux qui retenaient Dubié et je voyais bien le regard de Mayeur, en face, retenu par d’autres personnes. Ce n’était plus un regard, c’était un volcan. Jetant des éclairs de lave vers quiconque croisait sa direction. Pourtant, celui qui avait provoqué l’animosité, celui qui avait décoché les insultes en guise de kerosen sur le feu, celui qui voulait « tuer l’autre », c’était Mayeur.

Depuis lors, une mauvaise impression m’était restée envers l’homme qui, en 2013, allait être pistonné par Laurette Onkelinx (PS) et mal élu à la fonction de Bourgmestre de Bruxelles. Plusieurs années après l’incident du Poche, je me retrouvais à serrer sa main molle de politicien montant, à chercher un peu d’humanité dans son regard de requin lors de je ne sais plus quelle « fête du progrès ».

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Plus tard encore, j’ai tenté sans succès de l’interviewer sur sa décision d’interdire le spectacle de l’humoriste controversé Dieudonné au théâtre Varia. On était en 2008. Dieudonné n’avait quasiment perdu aucun procès, n’avait pas accumulé les délires provocateurs comme les fréquentations malsaines à base d’escroqueries et d’extrême-droite. La liberté d’expression n’était pas encore dans le coma. Pour plaire au lobby pro-israélien et ne pas apparaître comme un censeur, Mayeur devait la jouer fine et dans l’ombre. Président du CA du Varia, il a menacé la directrice du théâtre de lui couper les subsides et de lui mener une guerre « socialiste » si elle persistait à programmer Dieudonné. Elle a cédé, bien sûr, comme nombre de ses homologues soumis au même chantage.

Yvan Mayeur, Bourgmestre déchu de la ville de Bruxelles

En 2015, Mayeur-Bourgmestre réitérait son interdiction contre un autre spectacle de l’humoriste à Bruxelles (1). Au grand jour, cette fois, en invoquant « une alerte terroriste de niveau 3 (sur une échelle de 4) » émise sans rire par l’OCAM (2). Prétexte si grotesque qu’on ne savait plus qui, de Mayeur ou de Dieudonné, faisait finalement profession de comique ? Mais la plupart des médias comme des politiciens avaliseront le délire paranoïaque du Bourgmestre. Le doigt sur la couture du pantalon. Seule la RTBF produira un travail journalistique sérieux en diffusant, le lendemain de l’interdiction, un reportage interrogateur (3). Aussi détestable soit Dieudonné, un tel niveau d’alerte était-il «justifié » ? Poser la question, c’était y répondre : bien sûr que non.

Lorsque je serai cramé pour avoir fait mon métier sur « l’affaire Dieudonné », lorsque ma qualité même de journaliste sera niée ou caricaturée, j’appris, de sources sûres, qu’Yvan Mayeur faisait partie des « socialistes » bruxellois qui alimentaient ma diabolisation. A travers différents réseaux et différentes personnes. Il n’était pas le seul mais – comme d’hab’ – il était le plus teigneux. Toujours « tuer l’autre », cette vieille obsession « socialiste ».

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Marc Metdepnningen

Le seul qui rivalisa en haine négrophobe à mon encontre fût un journaliste du quotidien Le Soir, Marc Metdepenningen. En juin 2013, avec le soutien de l’incompétente Béatrice Delvaux, il fît scandale à la rédaction après lecture de la page que je venais d’écrire pour le journal. Dans laquelle (faut-il le préciser ?) il n’était pas question de Dieudonné (4). En 48 heures, Metdepenningen parvint à me faire virer du Soir alors que j’allais signer une collaboration régulière avec le chef du service Culture, Daniel Couvreur, très content des articles qu’il m’avait commandé.

L’un des « arguments » martelé par les sbires de Mayeur, Metdepenningen et d’autres larbins du pouvoir était le suivant : « Mukuna n’est peut-être pas antisémite, mais il défend un antisémite ! Vous imaginez quelle catastrophe pour l’image de l’entreprise, pour votre réputation, pour l’image du journal. Ne prenez pas ce type ! ». Je résume pour aller vite, mais c’est à peu près de la sorte que s’est « dealé » mon sort professionnel pendant 5 longues années (dont 3 au chômage complet). Sans ma famille, mes amis et mes soutiens, je ne pense pas que je m’en serais sorti…

Alors, quand je vois aujourd’hui Yvan-Rends-L’argent se faire atomiser dans le New-York Times, je trouve que le retour de balancier de la vie ne manque pas d’élégance. Et quel titre, chers confrères : « Le scandale a conduit le maire de Bruxelles hors de son bureau. Maintenant, il a disparu »… Pour Mayeur et ses clones, la fête est terminée. L’imposture, l’arrogance, l’escroquerie et le vol des pauvres n’ont qu’un temps. Un autre ami m’avait dit un jour : « Ceux qui t’ont sali, traité injustement ou trahi : oublie-les ! Allah s’occupera d’eux ». Mayeur est athée mais c’est fou ce que Dieu s’occupe désormais bien de lui.

Source : Olivier Mukuna
(1) https://www.rtbf.be/info/societe/de…
(2) Observatoire de Coordination et d’Analyse de la Menace.
(3) https://www.rtbf.be/info/societe/de…
(4) http://intranet.smartbe.be/IMG/news…

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Mama Ayaba