Kamita Magazine

Les défis de la transformation : pourquoi l’Afrique est en retard ? L’Edito de Horus Ekwalla

La transformation des matières premières est présentée depuis plusieurs décennies comme la solution idoine pour la diversification économique et la création d’un tissu industriel africain à vocation globale. Qu’en est il réellement ? Chercheur en Histoire Antique, Horus Ekwalla nous livre son avis sur la problématique.

Transformation est synonyme de richesse. Comment peut on être en retard alors qu’on a tous les moyens nécessaires pour être au devant de la scène ? Une incompréhension qui interpelle forcément plus d’un ; est ce une volonté politique ou alors individuelle ? J’ai envie de dire ici que les principales causes de ce retard sont d’abord liées à l’absence de transformation des matières premières qui regorgent les sols et sous sols de notre continent. La transformation est l’épicentre même des revenus dans les finances d’un pays. Car qui dit transformation dit consommation et qui dit consommation dit monnaie, et ainsi de suite.

Horus Ekwalla « transformons nos matières 1ères »

Le consommateur lui, n’a pas réellement besoin de savoir combien de tonnes de cacao l’agriculteur ivoirien ou ghanéen a produit à l’année. Mais ce qui l’intéresse c’est de consommer sa tablette de chocolat au lait et ou de chocolat noir. Ce qui l’intéresse, c’est de savoir que ses enfants ne manquent pas de chocolat en poudre pour le petit déjeuner, de leur offrir comme « goûter », un bon gâteau, un muffin ou encore une barre de chocolat.

Ce qui intéresse les consommateurs, ce n’est guère de compter la récolte des sacs de coton qui écument les entrepôts du Mali, du Burkina Faso, du Togo, mais plutôt d’acheter les vêtements, les taies d’oreiller, des cotons tiges pour se nettoyer les oreilles ; des disques de coton pour nettoyer le verni et le make up. Oui, le consommateur est prêt à débourser beaucoup d’argent pour payer ses pneus de voitures, ses bottes en caoutchouc ainsi que tous les autres produits dérivés de cette matière. Mais il ne va pas s’intéresser à la récolte de l’hévea en provenance du Cameroun ou du Libéria.

Le sous-sol africain regorge d’immenses richesses qui n’attendent que d’être transformées

Oui, sans la canne à sucre produite en grande partie chez nos frères et soeurs des Antilles, l’Afrique n’aurait pas de sucre, et du rhum dans les commerces. Sans les tonnes de bois coupés dans nos forêts tropicales on n’aurait certainement pas de papier, des portes des fenêtres, etc. Si le sol Africain est très riche en matières premières, cependant au niveau des infrastructures de transformation, l’Afrique est bien encore à la traîne. Or il est important de savoir que sans la transformation, l’épanouissement de vie n’est pas possible. L’économie et les finances seront au plus bas.

Transformation du charbon écologique au Cameroun

En toute chose, le meilleur investissement est celui des infrastructures de transformation car sans transformation il n’y aurait pas de maisons, pas de voitures, pas à manger, pas de routes. Nos smartphones, nos tablettes nos ordinateurs, nos écrans de télévision n’existeraient pas car c’est bien grâce aux matières premières du colbat et du coltan qui sortent des mines du Congo que ces appareils ont une durée de vie. Nos mères, nos soeurs, nos femmes, ne seraient pas embellies par leur maquillage car La composition des produits de maquillage est aussi à base de ces mêmes matières premières.

Je n’ai qu’une seule chose à dire pour finir, et quitte à me répéter : transformons nos matières premières ! C’est là l’une des gageures essentielles pour parvenir à un réel essor économique du continent.

Auteur : Horus Ekwalla, pour Kamita Magazine

Commentaires
Mama Ayaba