Kamita Magazine

Polémique : « pendez les Blancs », le clip qui a provoqué un violent séïsme en France

La société française a vécu il y a quelques mois une grosse polémique, si vite récupérée par les médias et les politiques. L’auteur de « l’outrage », de son nom d’artiste Nick Conrad, un jeune Afro-Français dont la vidéo du clip a été diffusée sur Youtube : pendez les Blancs.

Un titre qui n’a vraisemblablement pas laissé insensible la classe politique française, qui on le sait, garante des vertus et valeurs républicaines. Ainsi tandis que d’un côté le « lyncheur » est lynché en public, de l’autre côté des voix s’élèvent au sein des jeunes français issus des Diasporas Africaines pour louer son courage, sa témérité mais surtout sa créativité artistique. Kamita Magazine vous propose l’un de ces points de vue partagé sur les réseaux sociaux…

Nick Conrad, le rappeur actuellement en train d’être publiquement lynché a en réalité fait un travail en dentelle : de nombreuses références historiques, cinématographiques, métaphores et inversement de rôles … c’est un vrai travail d’artiste. Car quand les consciences sont endormies, quand les minorités sont systématiquement ciblées par des humiliations et injustices sans que cela ne change, certains artistes saisissent les armes qui sont les leurs pour bousculer ces consciences.

Tribunal public sur BFM TV

Mais vu qu’on est bas du plafond en France, on ne comprend que les Booba, Gims et autres pantins. On ne connaît plus la notion de courage artistique, de conscience citoyenne et politique, ou encore la notion de prise de risque artistique. On pourrait très bien ressusciter 2pac en France qu’il croupirait en cité tellement le public français n’est pas habitué à avoir de vrais artistes : 2pac, American X History, les combats pour les droits civiques, Black Panthers ou les Angela Davis, c’est bien mais quand c’est ailleurs et loin, très loin. À la limite, c’est bien en cours d’histoire ou pour briller en dîner mondain juste avant d´aller s’aerer à Pigalle ou à Boulogne avec les petites. Et côté public, la jeunesse, les intellectuels, les bobos, y a pas grand monde qui a compris quelque chose.

Normal, on vénère Beyoncé et Nul, pardon, Jul.

Normal, tu dois pas dépasser la limite, la case qui t’a été assignée. Car, nous…

Nous, on vit dans un pays qui étouffe les contestations citoyennes, qui méprise les minorités et leurs contestations ou leurs mémoires, qui idolatrie la médiocratie et qui flirte régulièrement avec l’extrême droite.

Nous, on vit dans un pays qui soutient ouvertement des groupuscules nazis en Ukraine et ailleurs, qui soutient le Rotary Club International des Dictateurs indetronables.

Nous, on se réclame du siècle des Lumières mais… on bafoue tous les jours les droits des immigrés, des réfugiés politiques.
Nous, on vit dans un pays qui fustige le communautarisme mais dans lequel, pourtant, les élites ne fonctionnent que par clans. Comment ? T’es pas content des miettes qu’on te jette? À la niche!

Nous, on vit dans un pays qui musèle systématiquement toute personne qui osera questionner les injustices sociales, raciales et historiques. L’Histoire de la France – c’est la gloire éternelle ! Et au bûcher celui qui pointera les atrocités abyssales perpétrées au nom de cette grandeur.

D’autres sons de cloches vus sur les réseaux sociaux…

La guerre d’Algerie? Ta G…!
La guerre du Kamerun? Ta G…!
Le FCFA? L’esclavage ? Mais qu’est-ce tu racontes?
La burk… Vous avez compris. Vos Gu…!

Dieudonné ? Diallo ? Médine ? La liberté d’expression – c’est ailleurs, si t’as pas compris ! En France – c’est vos gu… et dans vos niches !
Nous on vit dans un pays qui tolère Zemmour mais « lynche » tous les autres.

Alors bon. Certes, on a d’excellentes universités, on a le savoir-vivre, Le raffinement à la française. Mais le coq français reste bloqué à contemplé sa crête dans le miroir. Il ne voit pas que ses plumes de derrière sont cramées.

On s’attache toujours à la forme et aux vestiges d’une civilisation qui ne sait pas se réactualiser et vivre avec son temps et ses minorités. Mais pour cela, il faudrait que l’élite auto-centrée et ses serviteurs zelés s’interessent aux autres…

En attendant, nous autres, ce sont les Enfoirés que l’on mérite. Des artistes embourgeoisés avec zéro prise de risques et un public qui a la finesse des veaux de Gaulle.

C’est ça, la Culture, en France….

Source : Ôlechka K.T

 

Commentaires

Ralf Touomi

Diplômé en journalisme, j'ai fait la rencontre des Antilles en 2012 en découvrant notamment la Martinique. Depuis lors, est née ma mission de contribuer à la création de véritables ponts entre l'Afrique, les Diasporas Africaines et les Afrodescendants Ultra-marins. Kamita Magazine est l'outil média qui apporte sa pierre à cet engagement personnel.

Mama Ayaba