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Hosa et Kali : le merveilleux livre pour enfants qui raconte les Histoires de Princesses et Reines Africaines

Hosa et Kali : le merveilleux livre pour enfants qui raconte les Histoires de Princesses et Reines Africaines

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Né en France en banlieue parisienne dans les années 80’s, Jean-Jacques Mambo Bell réside actuellement en Ecosse avec sa femme et leurs deux enfants. Le couple est à l’origine du projet Hosa et Kali, un travail de famille dont la portée symbolique est d’un intérêt particulier pour Kamita Magazine.

RENCONTRE

Jean-Jacques Mambo, vous êtes co-auteur de la Bande dessinée pour enfants, Hosa et Kali. De quoi s’agit-il ?

Pour commencer, il est important de dire que c’est un livre pour enfants et non une bande dessinée. La version numérique est sortie en Octobre 2015, puis la version physique a suivi en décembre de la même année. Nous travaillons en auto édition car après avoir fait quelques recherches et demandes, je me suis rendu compte que c’était la meilleure solution pour nous.

Contractuellement parlant, ce qui est proposé par les maisons d’édition ressemble davantage à du proxénétisme qu’autre chose d’une part. Et d’autre part, cela nous permet surtout d’avoir une liberté totale vis-à-vis de nos choix artistiques et éditoriaux. Le livre est disponible à la librairie de Tamery 15-17 rue du Chalet, Paris 75010, sur A-FREE-CAN.COM. Sinon, nous sommes joignables sur notre Page Facebook : « Hosa et Kali », pour tous autres renseignements.

Parlez-nous également de votre Co-auteure ? Plus qu’une simple partenaire d’écriture…

Bien entendu, car comme je le disais plus haut, « Hosa et Kali » c’est d’abord un travail de famille. Ma femme Charlène s’est chargée de créer un « univers » d’images à travers lequel les enfants comme les parents ou autres adultes peuvent se projeter, et vivre l’histoire un peu comme un film ou un roman imagé familial.

Pourquoi avoir voulu écrire ce livre ?

Disons que étant parents, nous avons toujours des difficultés à trouver des livres pour enfants avec des histoires contemporaines et avec des personnages Afros en même temps. C’est exactement le même constat qu’avec les jouets notamment les poupées, même si cela change avec le temps.

Mais c’est surtout après avoir visionné la fameuse expérience des poupées noires et blanches aux USA, avec ma femme, nous avons vraiment été sensibilisés quant au rapport qu’entretient un enfant avec ses jouets et par extension avec ses livres, qui sont de réels outils pédagogiques.

Alors je me suis dit que j’allais écrire un livre qui aura pour but d’être une collection de livres pour la famille, dont le premier volet est « Hosa et Kali, Princesses Afros ». C’est vraiment une histoire familiale, d’aujourd’hui, avec des personnages de notre époque, à travers lesquels tous les enfants et parents peuvent se projeter à partir du récit, des images, et ainsi passer un bon moment et pourquoi pas apprendre quelque chose par la même occasion.

Hosa et Kali, ce titre a-t-il une signification précise par le choix des deux noms ?

Oui, en effet. C’est un choix minutieusement réfléchi car c’est le diminutif des prénoms de nos 2 filles.

Selon vous, les enfants Afrodescendants manquent-ils vraiment de référents visuels ou littéraires pour leurs divertissements et Culture ?

Clairement oui ! Et j’encourage chaque personne qui lira notre ouvrage à aller faire le test de se rendre en magasin pour le constater. Mais cela ne s’arrête pas là ! Regardez aussi les magazines en kiosque, les dessins animés qui passent à la télévision à l’heure de grande écoute, faites des recherches sur internet. Les choix sont là mais ils sont aussi limités et les prix sont souvent plus élevés.

Alors, soit vous vous résignez à la simplicité et consommez ce qui est facile à trouver et peut être moins adapté, ou bien vous vous creusez un peu les méninges et dépensez un peu plus pour quelque chose qui aura un écho plus significatif. À savoir, donner à votre enfant un jouet ou un livre qui lui ressemble, donc qui le valoriserait. Même si bien entendu tout n’est pas forcement bon à prendre.

Ce que je veux aussi dire est que nous vivons dans une société qui voudrait que nous, Afro-descendants, n’existions pas culturellement parlant hormis dans le sport ou la chanson, le rap plus particulièrement qui lui-même est vu comme quelque chose de négatif dans les medias « mainstream », si je ne me trompe.

Je voudrais vous donner l’exemple qui « marche bien », celui d’Alain Mabankou, qui je pense en termes d’écriture est juste fabuleux. Mais quand vous lisez : « Le sanglot de l’homme noir », un essai et non un roman, ou plutôt quand je l’ai lu, je me suis demandé comment pouvait on à ce point-là, s’auto-flageller. En ouverture du livre il présente une lettre écrite à son fils ou il lui dit : « les noirs en sanglots sont persuadés que notre survie passe par l’anéantissement de la race blanche ». À mon sens, c’est juste de la folie !

Et à propos des « noirs en sanglots » voici ce qu’il en dit : « Les noirs en sanglots se réclament soit de Marcus Garvey… Cheick Anta Diop… dans leur transe ils ressasseront jusqu’à l’usure les thèmes de la « Consciences Noire », de la « Renaissance Africaine ».

Aujourd’hui, Monsieur Mabankou est au collège de France et passe sur tous les plateaux de télé. C’est-à-dire qu’il faudrait en quelque sorte mettre sa Négritude de côté pour « percer » et être de ce fait acceptable et visible dans la bienpensance médiatique en Occident. Je dis à cela, Sacrilège ! Cependant, il n’y a pas un manque de références mais un manque de visibilité à tous les niveaux et ce n’est ni l’intelligence ni le talent qui manquent.

Comme références, vous trouverez facilement sur la toile des exemples tels que : N.Y.S.Y.M Lascony, Runuko Rashidi, Kalala Omotunde, Jahlyssa Sekmet, Ama Mazama, et bien d’autres comme vous Kamita Mag, qui œuvrez je pense pour un éveil des consciences en général.

Vous avez dit lors d’une interview que ce livre ressemble un petit peu à votre propre petite famille. Qu’est-ce qui lie le réel à l’imaginaire ? Et qu’est-ce qui sépare le réel de l’imaginaire ?

En fait, « Hosa et Kali » c’est le portrait d’une famille tout simplement. Une maman, un papa, deux enfants, quoi de plus normal ? Les enfants vont à l’école comme la plupart des enfants de leurs âges et elles ont des amis. J’insiste également sur le fait que les parents comme les enfants pourront se retrouver dans ce livre.

Concrètement, quand nous parlons de princesses dans le livre, nous citons par exemple : Queen Nanny de la Jamaïque (et d’autres). Un personnage qui dans le passé a existé. À partir de là, les parents peuvent faire leur propre recherche sur elle. Les enfants pourront eux aussi la rechercher plus tard ou bien s’ils entendent parler de Queen Nanny, cela devrait avoir un écho grâce au livre. Telle est donc brièvement notre démarche, « inciter à… », « Avoir un écho… ».

Pour répondre à votre question, je dirai qu’entre le réel et l’imaginaire il n’y a qu’un pas. Je veux dire par là que quand vous regardez un film ou lisez un livre, il y a tout le temps un élément de fiction et un élément de réalité. Que ce soit au niveau du cadre, des personnages, de l’histoire, etc. La fiction s’inspire de la réalité, et vice versa. De temps à autre, un personnage peut vous rappeler un ami, un frère, une sœur, un parent. C’est à ce moment que la fiction touche le réel et il revient comme travail à l’auteur, de rendre ses personnages palpables.

À  côté de l’écriture, vous vous distinguez également de façon remarquable par des vidéos youtube où l’on vous voit décortiquer en résumant brièvement certaines oeuvres. Que dire de cette autre casquette ?

Je dois vous avouer que je n’ai pas grandi dans un milieu où le livre avait une place. Il n’en avait aucune. Je n’ai aucun souvenir d’une discussion à propos d’un livre durant toute mon enfance, mon adolescence et ma vie d’adulte (avec ma famille ou amis), jusqu’à ce que je décide de me mettre à lire ; ce que j’ai commencé à faire à l’âge de 27 ans. J’étais sur le point de devenir papa pour la première fois, et je me posais mille et une questions dont personne de mon entourage n’avait les réponses.

Puis, j’ai lu ou entendu quelque part : «si tu veux cacher quelque chose à un Noir, écris le dans un livre ». C’était le déclic ! Après avoir lu mon premier livre (ou pendant), j’ai eu une prise de conscience soudaine. J’en ai lu un autre, et un autre, et encore. Cependant, mis à part ma femme qui, elle, lisait déjà et avait essayé par tous les moyens de me faire lire auparavant, je n’avais personne avec qui partager ce nouveau hobby.

C’est ainsi que je me suis tourné vers les vidéos YouTube (chaine – Most Mambo). Je trouve que c’est un très bon exercice oratoire. Plus tard quand mes filles seront plus grandes, je pourrais les encourager à lire en utilisant ce moyen. Il faut que c’est aussi une façon pour moi « de rendre à la lecture ce que la lecture m’a donné » ; et surtout je souhaite parler de livres comme j’aurais aimé que l’on m’en parle.

Lorsque je me place devant l’objectif de la caméra, c’est mon unique but. Je parle de mon point de vue d’aujourd’hui, directement à l’adolescent et au jeune homme que j’étais, qui aurait aimé entendre parler de Chinua Achebe, de Malcolm X, de Queen Nanny, du Code Noir, de Toussaint Louverture, de Harriet Tubman, de Fela Kuti et bien d’autres.

Dans l’Histoire Africaine, quelques noms de Reines que vous admirez particulièrement ?

Vous avez pu le constater dans mes réponses précédentes, j’ai un grand faible pour Queen Nanny que j’ai découverte il n’y a même pas 3 ans. Ca m’a« retourné » de savoir à quel point elle avait tant fait pour son peuple. Elle en a tellement fait qu’une ville porte son nom en Jamaïque, mais surtout les marrons l’appellent : « Notre Maman » ou « Notre Mére ».

Ils la considèrent comme leur Ancêtre éponyme, tout comme pour la ville de Nanny Town. Les Winward Maroons de la Jamaique disent descendre également d’elle car grâce à elle, ces marrons étaient libérés de l’esclavage physique et surtout mental ; celui dont Bob Marley nous parle en chansons.

J’aime aussi l’histoire de Yaa Asantewaa qui s’est battue, armes à la main, aux côtés des hommes contre les envahisseurs avant d’être déportée aux Seychelles. Ce qui à ce cette époque était bien entendu une « prouesse » (même si ce n’est pas le seule dans l’histoire), puisqu’elle avait dérangé le conseil des anciens pour leur indiquer qu’elle était prête à se battre.

Enfin, j’aime aussi beaucoup l’histoire de Funmilayo Kuti, la maman de Fela, qui n’était pas une « Princesse » en tant que tel (quoi que ?) ; mais elle était une Panafricaine convaincue, et aussi une féministe, bien avant que ce « concept » ne fasse parler de lui.

Alors, après Hosa et Kali ? Des projets futurs à dévoiler ?

Disons que Hosa et Kali est un projet qui s’inscrit dans le temps. Donc nous avons déjà quelques histoires qui sortiront plus tard mais je ne peux donner de date. Sinon, je suis en plein dans l’écriture d’une nouvelle que je qualifie « d’Urbain ». Le titre est ITINERAINE INVISIBLE. Je ne peux en dire plus pour le moment. Rassurez-vous, je suis certain que nous en reparlerons en temps et en heure, avec vos lecteurs et lectrices.

Pour ces lecteurs et lectrices de Kamita Mag, parlons-en, qui souhaiteraient acquérir le livre, que devraient-ils faire ? Êtes-vous également ouverts à diverses collaborations ? Si oui, dans quel sens…

Niveau collaboration, nous sommes effectivement ouverts à une quelconque discussion, bien que jusqu’à présent nous n’ayons eu aucune approche de ce genre. Concernant l’acquisition d’un exemplaire du livre par l’achat, vous pouvez nous joindre sur notre page Facebook pour l’avoir dédicacé ; sinon il est également disponible chez « A-FREE-CAN.COM », et à la librairie de Tamery 15-17 rue du Chalet, Paris 75010 vers Belleville.

Pour finir, votre citation préférée ?

J’ai l’habitude de dire : « Arrêter de rêver, c’est un peu comme arrêter d’aimer. Alors, rêvons ». Mais ceci implique de se donner les moyens de toucher ses rêves. Aussi, j’aime à dire que : « l’on ne choisit pas sa passion, c’est la passion qui nous choisit ». Car lorsque l’on fait quelque chose, sport, mathématiques ou que sais-je… au commencement ce n’est pas par passion, puis lentement, mais sûrement, cela le devient.

Commentaires

Ralf Touomi

Diplômé en journalisme, j'ai fait la rencontre des Antilles en 2012 en découvrant notamment la Martinique. Depuis ce jour, j'ai découvert, à l'instar de ce qu'invite à faire Frantz Fanon, ce que serait désormais ma Mission ici-bas...

Mama Ayaba