Kamita Magazine

Focus VIP : « A la Base », lancé par le rappeur camerounais Ivee la Météorite, le challenge devenu Mouvement !

Le Cameroun vit depuis quelques semaines un violent séïsme ! Non, ce n’est pas la nature qui a décidé de faire des siennes au pays de Milla Roger. La raison est toute autre et se nomme IVEE La Météorite, de son nom d’artiste. Dans cette interview, il dévoile les origines  de ce séïsme et s’exprime sans langue de bois ! A la base, c’est l’interview VIP d’un rappeur

RENCONTRE

Ivee La Métorite, vous êtes de ceux qui ont contribué à hisser le Rap Kamer à son sommet. Avant d’entrer dans le vif du sujet, pouvez-vous nous dire depuis combien d’années maintenant vous faites partie du Rap Game 237, et quelle est l’histoire à l’origine de votre surnom « Délégué de la Communauté Urbaine » ?

Merci déjà de l’opportunité que vous me donnez de m’exprimer via votre plateforme. Disons que je suis dans le « Game » depuis plus d’une dizaine d’années déjà. J’ai fait mes classes et voilà, j’essaie de continuer de maintenir la flamme du rap au Cameroun.

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S’agissant du nom de délégué de la CU, tout part d’une chanson qui s’intitule « Tsimi Evouna » que j’ai faite il y a quelques années en référence à l’ancien délégué de la communauté urbaine de Yaoundé.

Je trouvais que son action et son caractère collaient bien avec mon personnage, celui qui casse tout sur son passage dans le but d’assainir la ville.

Ceux qui vous suivent connaissent l’artiste passionné d’un Rap à texte, engagé, tout en n’hésitant pas de sortir des clips ou singles de divertissement. On pense ici à « je veux l’agrégation », « Ndolè », etc. Ne ressentez-vous donc jamais aucune pression lorsque vous décidez de sortir un nouveau titre ?

Je ne ressens aucune pression, car mon rap, se fait toujours en fonction de mon état d’esprit. Je fais d’abord ma musique pour moi, et ensuite pour ceux qui m’écoutent.

Maintenant, parlons bien ! « A la base », du nom du challenge que vous avez lancé depuis quelques jours maintenant sur les réseaux sociaux. Que pouvez-vous nous dire de l’origine de ce challenge ?

Tout est parti d’une polémique lancée par le grand frère Myster B.Il se plaignait du manque criard de sons de rap depuis peu et je l’ai suivi en faisant un post ou je demandais aux plus jeunes si on est encore obligés de tout faire nous-mêmes.

Cette publication Facebook avait fait couler beaucoup d’encre, et certains acteurs du milieu m’ont mis au défi d’aller au studio si je veux relever le rap Kamer. Ce que j’ai fait en annonçant le single « A la base » le lendemain.

Ce titre suivait deux autres qui allaient dans le même sens et sortis un peu plus tôt au début de l’année à savoir « c’était mieux avant » et « Faut que ça rappe ». Il faut noter que Myster B est le premier à avoir repris le titre, suivi des autres géomètres et du reste.

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Que pensez-vous si l’on vous dit qu’aujourd’hui on a l’impression que vous avez lancé un « Mouvement » à part entière ? Mouvement qui plébiscite le retour d’un Hip Hop Kamer remettant l’écriture, les textes, les messages, au coeur du Rap et de la musique camerounaise de façon globale…

Je ne pourrai qu’en être honoré car c’est clairement l’objectif que je me suis donné depuis le début de cette année.

Je pense qu’il est temps que l’on retourne aux fondamentaux de cette musique qui nous a tant donné. Je ne demande pas de négliger l’aspect business, mais plutôt ne pas sombrer dans la facilité et la médiocrité qui caractérisent bon nombre d’artistes aujourd’hui en terme de contenu.

L’on a pu voir quelques noms connus du Rap Kamer : Sir Nostra, Xzafrane, Raqueem Anubis. Mais de très belles révélations ont pu se faire connaître grâce à ce challenge. Quid de ces jeunes talents qui peut-être espèrent trouver la lumière grâce à vous ?

Nous allons les accompagner du mieux que nous pourrons. Pour ma part, je suis disposé à encadrer ceux qui le voudront.

Il faut noter qu’une série de remix est prévue après le challenge. Cela permettrait peut être de faire connaître davantage ces nouveaux talents.

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Sans langue de bois, y a-t-il selon vous un conflit intergénérationnel entre rappeurs ? Comme on dit vulgairement au Mboa : le Respect est-il mort ?

Hélas ! Je pense que ce conflit existe bel et bien. Sans doute à cause de l’évolution de la musique, des divergences de vision et c’est normal. Le plus important c’est le respect et je pense qu’il existe des deux côtés, du moment où le travail est fait proprement.

A la base, cette interview était aussi pour vous remercier pour ce que vous apportez dans l’Histoire du rap Kamer. Votre humilité derrière votre incroyable talent ! De futurs projets musicaux à venir…?

Merci à vous aussi pour le soutien depuis… la base. Concernant de futurs projets musicaux, il s’en prépare quelques uns, oui. Mon album qui est prêt par exemple. Puis, peut être un EP surprise juste avant…

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Le Cameroun vit une période confuse minée par le tribalisme, les divisions inter-ethniques. Si votre message pouvait changer un minimum de coeurs, qu’auriez-vous envie de dire ?

L’amour du prochain , la solidarité, le vivre ensemble et le respect… c’est la base.

Pour finir Ivee la Météorite, espérant que vous ne vous ferez pas d’ennemis avec cette question, pouvez-vous nous donner cinq noms de rappeurs camerounais qui vous ont inspiré… à la base ?

La réthorique et Les géomètres. Il s’agit de deux groupes de Rap Kamer. A eux deux, cela fait 6 personnes. (rires)

Commentaires

Ralf Touomi

Diplômé en journalisme, j'ai fait la rencontre des Antilles en 2012 en découvrant notamment la Martinique. Depuis ce jour, j'ai découvert, à l'instar de ce qu'invite à faire Frantz Fanon, ce que serait désormais ma Mission ici-bas...

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