Kamita Magazine

Wilfried Essomba Kede, Co-Fondateur de la plateforme culinaire Allotantie.co : et si le panafricanisme économique devenait une réalité

Wilfried ESSOMBA KEDE, lyonnais d’adoption, né au Cameroun où il a grandi jusqu’à l’âge de douze ans. Titulaire d’un Baccalauréat Scientifique, il s’est par la suite orienté vers un DUT Techniques de Commercialisation avant d’effectuer un Bachelor en Marketing en Angleterre. Avant-dernier d’une famille de cinq enfants, celui qui est aujourd’hui l’un des dirigeants de l’entreprise Allotantie.co, nous raconte dans cette interview, son expérience de Coach dans la Promotion 1 du Programme Mentorat JED A JOB.

ENTRETIEN

Quel est votre parcours ?

Après mes études en Angleterre où j’ai découvert l’entrepreneuriat, je me suis directement lancé dans l’entrepreneuriat à mon retour en France en créant Bledardise, une marque de vêtements décalée autour des cultures africaines. Blogueur depuis plus de dix ans, j’ai créé une petite communauté que j’ai fédérée autour de ce projet.

En parallèle, j’ai toujours été consultant en stratégie de marque et Stratégie Marketing, en particulier sur des projets valorisant les cultures africaines et afro-descendantes. Notamment dans les domaines de la mode, de la beauté, du capillaire et de la prestation de service.

Mon activité de blogueur m’a permis de rencontrer de nombreux entrepreneurs et de me constituer un solide réseau et ma passion pour le Marketing, la sociologie, l’Histoire et les cultures africaines m’a permis de me spécialiser dans le Marketing affinitaire.

Quel type de garçon étiez-vous dans la cour de récréation ? Et quel homme êtes-vous aujourd’hui ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser aujourd’hui, je suis introverti et j’étais un garçon très timide qui a toujours eu des difficultés à interagir avec les autres. C’est dans l’écriture, notamment sur mon 1er blog et à travers mon alter-égo “Blingcool Le Blédard”, que j’ai pu trouver le moyen de m’exprimer.

Aujourd’hui, même si je n’ai plus de problèmes pour me sociabiliser, je reste quelqu’un de très solitaire. J’aime passer du temps seul et me perdre dans mon monde où j’imagine plein de façons d’impacter le monde. Et seulement de temps en temps, je renoue avec ce grand bal qu’est notre société.

Co-Fondateur de Allotantie.co. De quoi s’agit-il concrètement ?

Allotantie.co est le 1er service de réservation de plats traditionnels d’Afrique et des Caraïbes auprès de Chefs particuliers et professionnels. Grâce à notre plateforme, les gourmets peuvent trouver des tanties (et tontons) à proximité et booket la réservation d’un Thieboudienne, Ndolè, Poulet Colombo ou Mafé pour le week-end.

Voici bientôt 2 ans que je travaille sur la meilleure solution pour rendre les cuisines d’Afrique et des Caraïbes facilement accessibles à tous. C’est une alternative pour promouvoir des cuisines savoureuses mais encore très représentées dans la restauration traditionnelle, mais aussi pour formaliser et valoriser tous ces talents méconnus.

Derrière cette riche casquette d’entrepreneur, vous arrivez néanmoins à trouver du temps dans des actions sociales en tant que bénévole. Vous avez ainsi intervenu comme Coach auprès de jeunes du Programme Mentorat JED A JOB, initiative portée par l’Association RIDAAF. Tout d’abord, que représente à vos yeux le mentorat ?

Lors de mon parcours d’étudiant puis d’entrepreneur, j’ai plusieurs fois moi-même été mentoré. C’est un excellent pont entre la théorie et le monde actif qui nous permet de bénéficier de l’expérience de professionnels qui ont fait leurs preuves. C’est d’autant plus important pour moi car le fil rouge dans mes aventures entrepreneuriales c’est l’Afrique et ses diasporas.

J’aime partager dans mon domaine de compétences avec cette idée que mon apport va permettre à d’autres à leur tour de bâtir et de
transmettre. Il y a un proverbe africain qui dit d’ailleurs que “C’est au bout de la vieille corde qu’on tisse la nouvelle. »

Comment avez-vous vécu cette expérience de Coach dans le dispositif JED A JOB ?

Ce qui est très intéressant avec cette première expérience de mentorat est que j’ai autant appris que j’espère avoir appris à mes mentorés. Ma mission consistait à accompagner des jeunes, tous motivés dans l’élaboration d’un concept food. Il s’agissait d’une simulation mais en condition réelle.

Nous sommes donc partis des idées et de pistes de réflexion qu’ils avaient pour les transformer en véritable projet réalisable. Bien sûr, il fallu apprendre à bien communiquer, en apprenant à se connaître, tout ceci facilité par l’association RIDAAF que je remercie pour cette belle opportunité. Ce genre d’initiative ne peut avoir lieu que grâce à ce genre de structure qui s’engagement véritablement pour favoriser l’inclusion professionnelle des diversités & diasporas en France.

En effet, en tant qu’entrepreneur, je n’ai que très rarement l’occasion de sortir de mon réseau professionnel pour aller à la rencontre d’étudiants et eux n’ont pas forcément accès à nous, entrepreneurs. Il fallait donc un intermédiaire qui nous assiste et nous accompagne dans cette démarche. Je pense et j’espère que c’est le début d’un beau mouvement.

La femme ou l’homme que vous admirez le plus ?

Je n’accorderai pas l’exclusivité à une personnalité mais je dirai que mon rôle model réunit le sens des affaires d’Ali Dangoté, l’africanité de Fela Kuti, la philosophie de W. E. B. Du Bois, le sens des responsabilités et l’intégrité de Thomas Sankara, la prestance et l’éloquence de Christiane Taubira et le leadership de Che Guevara.

Pouvoir, Leadership, Popularité… S’il ne fallait qu’en choisir un ?

Bien sûr, le leadership car pour moi, le plus important est d’inspirer plutôt que d’imposer.

Des projets à venir ?

La nouvelle plateforme Allotantie.co sera lancée prochainement dans un premier temps avec un accès restreint pour permettre à nos Bêta-testeurs de nous faire des retours. C’est le fruit de six mois de développement et de plus d’un an de recherche et d’hypothèses. Les lecteurs de Kamita Magazine peuvent s’ils le souhaitent devenir Bêta-testeurs privilégiés s’ils se manifestent auprès de l’équipe du
magazine.

Pour finir, Wilfried Essomba Kede, quel est le dernier ouvrage que vous avez lu ?

C’est un classique de la littérature africaine mais que je n’avais pas eu l’opportunité de lire jusqu’à présent : Ville Cruelle d’Eza Boto, aussi connu sous le nom d’auteur Mongo Beti, un écrivain camerounais dont j’admire beaucoup la carrière.

Commentaires

Ralf Touomi

La passion de l'écriture m'a mené vers le journalisme. Le journalisme a guidé mes pas vers le militantisme associatif. Aujourd'hui, ma plume porte un engagement citoyen, panafricain et social.

Mama Ayaba