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Focus VIP : Fondateur de Afrobees, il créé le 1er Réseau social professionnel Africain et rêve de bâtir une armée de professionnels africains

Malgré le fait que les géants américains des réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Instagram et LinkedIn sont les plus utilisés dans le monde, plusieurs autres réseaux sociaux conçus par des africains et utilisés en Afrique se bousculent aussi dans cette course sur le continent africain. Un Africain a décidé de faire bouger les lignes. Fondateur de Afrobees, le 1er réseau social professionnel africain, Francis Ngueukam est l’invité prestige de notre rubrique Focus VIP !

Mark Zuckerberg, Jack Dorsey, Kevin Systrom, Mike Krieger, Reid Hoffman, Evan Spiegel, Ma Huateng… là sont quelques noms des réussites technologiques des dernières décennies. Occidentaux et Asiatiques, ils ont respectivement créé Facebook, Twitterr, Instagram, Linkedin, Snapchat, WeChat. L’absence africaine à la table ronde de l’intelligentsia technologique signifie-t-elle que l’Afrique ne possède pas les ressources humaines capables de la représenter ? Un jeune africain a désormais décidé de porter haut la voix de tout un continent ! Afrobees, en est son bâton de pèlerin !

Originaire de la région de l’Ouest Cameroun, à Banka, il réside actuellement en Allemagne dans la ville de Ludwigshafen. Il obtint son baccalauréat scientifique (Mathématiques) en 2006 à Douala, ensuite se décide se lancer dans les nouvelles technologies plus précisément en Réseaux et Télécommunications. Mais avant, compte tenu de sa vision dans les High-techs et son handicap en langue anglaise il s’inscrit dans un centre linguistique en Langue anglaise dans la ville de Bamenda où il y passa une année.

De retour à Douala, Francis Ngueukam s’inscrit en Réseaux et Télécommunications dans un Programme de l’IUT de Colmar (France) en partenariat avec l’ISTA (Institut Supérieur des Technologies Avancées) aujourd’hui appelé IUG, où il obtient une Licence Professionnelle en 2011. N’étant pas satisfait de ses attentes, le timide perfectionniste décide de voyager vers l’Allemagne en 2013 ; là-bas, il se réoriente en Informatique Appliquée à l’école supérieure de Worms. Au moment de la publication de cet article, il est encore étudiant au sein de cette même université.

ENTRETIEN

Francis Ngueukam, le Conquérant !

Francis Ngueukam, vous êtes à l’origine d’une Plateforme qui très certainement fera entendre parler d’elle au-delà des frontières internationales. AFROBEES, le 1er Réseau social professionnel Africain…

Tout d’abord, il faut savoir que je suis un accro de forums IT ; je me suis rendu compte avec le temps que très peu de jeunes étudiants et professionnels IT Africains sont actifs sur les forums et quand bien même ils le sont, pour certains ce n’est que sur des sites francophones. Compte tenu de l’importance de la langue anglaise dans les domaines technologiques, ça devient un peu difficile pour les francophones. J’avais également remarqué que plusieurs entreprises en Afrique se plaignaient parfois du manque de main d’œuvre qualifiée sur place, juste parce qu’elles ne savaient pas où trouver des professionnels calés en certains domaines. Je me suis tout de suite dis que s’il était possible de regrouper tous les professionnels Africains du monde entier et de différents domaines sur une plateforme Africaine, cela offrirait plusieurs opportunités à notre continent telles que :

  • Permettre aux entreprises de détecter facilement les professionnels dont elles ont besoin en fonction du secteur d’activité et du pays. 
  • Permettre le transfert de connaissances pointues des Africains de la Diaspora vers l’Afrique
  • Faciliter le rapprochement les étudiants ou les jeunes professionnels auprès des professionnels plus expérimentés
  • Faciliter les rencontres entre les professionnels
  • Permettre aux jeunes startups africaines de se faire connaitre

J’ai toujours rêvé de mettre sur pied un outil qui serait utilisé par des milliers voire des millions de personnes, et qui serait bénéfique pour l’Afrique. Afrobees est pour moi une aventure qui ne fait que commencer, et qui n’est pas prête de s’arrêter.

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Dans mon processus de développement, des difficultés, j’en ai rencontré. Il en existe une majeure pour le moment qui est le fait que beaucoup de jeunes africains ne mesurent pas encore de l’importance des réseaux professionnels pour leur carrière ; mais nous sommes en train de leur inculquer ces habitudes. Ils s’y mettent au fur et à mesure. Notre objectif principal pour le moment est de regrouper le maximum de professionnels et d’entreprises de l’Afrique francophone et anglophone sur notre plateforme.

Afrobees, le porte voix réseau social & professionnel africain

Je rêve d’une armée de professionnels africains pleine de potentiels qui devra se comporter comme des abeilles c‘est à dire s’unir pour être puissant

Pour un nouveau venu dans le Game, que répondriez-vous à ceux qui trouveraient cela quelque peu prétentieux de présenter Afrobees comme le 1er réseau social professionnel Africain ?

À tous ceux qui qualifieront ce positionnement comme étant de la prétention, je leur dirais tous simplement qu’il ne s’agit en aucun cas de prétention, mais plutôt d’ambition profonde  avec une vision conquérante. Et de plus, les rappeler que le géant réseau social Facebook qui est aujourd’hui le plus connu dans le monde a lors de sa naissance rencontré  MySpace, Hi5, Friendster,… et ce qui n‘est pas le seul exemple du rôle que joue l’ambition profonde dans la vision entrepreneuriale avant que ne s’ajoutent d’autres paramètres.

Bees vient de l’anglais, signifiant abeilles en français. Une raison particulière d’un tel choix de nom ?

En fait, j’ai toujours suivi de très près la politique des ressources humaines liée à la démographie dans le monde et j’ai observé ces dix dernières années la montée en puissance de l’Inde parmi les pays où  les multinationales externalisent de plus en plus leurs services, et où les startups explosent dans divers secteurs d’activités ; cela grâce à cette rage de conquérir que les réseaux de professionnels indiens ont fait naître en eux. J’ai toujours considéré ce réseau de conquérants indiens comme une armée, et de là, j’ai rêvé d’une armée de professionnels africains pleine de potentiels qui devra se comporter comme des abeilles c‘est à dire s’unir pour être puissant ; D’où le nom Afrobees.

Francis Ngueukam sur un plan plus personnel…

Je viens d’une famille de 4 enfants dont je suis l’ainé, avec 2 frères et une sœur. Parlant des parents, ils sont admirables, se sont toujours battus pour qu’on ait une éducation digne et je crois que c’est d’eux  que j’ai hérité de mon courage de conquérir. Pendant mon parcours scolaire au primaire et secondaire j’ai toujours été ce garçon réservé qui ne bavarde pas beaucoup.

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Concernant mon modèle professionnellement parlant, c‘est quelqu’un de pas connu de tous car  c‘est mon oncle qui a été un grand homme qui a fait une carrière exceptionnelle dans la Gendarmerie Camerounaise et qui est malheureusement décédé l’année passée. Il m’a toujours appris la culture du travail et le Lifestyle des conquérants.

Après environ 2mois de lancement de la plateforme, un bref bilan ?

Après environ deux mois de lancement de la plateforme, nous avons environ 300 personnes enregistrées de différents pays tels que le Cameroun, le Gabon, le Sénégal, le Nigéria, l’Allemagne, la France, le Canada etc. Actuellement les secteurs d’activités qui comptent le plus de membres sont les IT, Les Finances et L’ingénierie.

Selon vous, pourquoi tout utilisateur Africain & Afrodescendant en particulier, puis en général tout utilisateur quelle que soit l’origine, devrait rejoindre et s’approprier Afrobees… En quoi gagnerait-il en s’y accordant plus de temps  sur Afrobees plutôt que sur Facebook, Linkedin, Twitter, etc.

Comparativement aux réseaux sociaux que vous venez de citer, Afrobees est un réseau social professionnel qui regroupe des fonctionnalités des réseaux sociaux occidentaux c‘est à dire :

  • regrouper les professionnels et leur permettre d’échanger entre eux,
  • leur permettre de postuler aux offres d’emploi,
  • leur permettre de publier des articles ou blog posts,
  • leur permettre de détecter les talents en divers domaines,
  • permettre aux entreprises de créer des communautés et de communiquer avec ces dernières,

De plus que les autres, notre plateforme permet :

  • une utilisation moins complexe pour les utilisateurs,
  • une non restriction de multiples fonctionnalités (qui sont payantes sur d’autres plateformes),
  • un transfert de connaissances grâce à forum interactif et intuitif
  • une possibilité de gestion des réservations de places pour les événements (Conférences, Workshops,…)
  • une mise en premier plan des startups africaines dans une de ses rubriques,
  • un traitement automatique et facile des dossiers de candidature pour les entreprises, qui compare automatiquement les conditions de l’offre et les compétences du postulant.
Plus qu’un exceptionnel outil technologique, Afrobees est une véritable révolution africaine

Considérez-vous Afrobees comme une réalisation s’inscrivant dans une sorte de Panafricanisme économique ? 

Bien sûr que oui, plus l’Afrique verra des entreprises mises sur pieds par ses jeunes grandir et devenir des géants, plus le marché de l’emploi aura de beaux jours devant lui, et plus la jeunesse africaine aura pour modèle des personnes proches d’elle, des références nouvelles qui leur ressemblent, et alors elle comprendra que désormais tout est possible. 

Quid des cerveaux qui pilotent Afrobees ? 

Actuellement Afrobees est pilotée par trois personnes dont deux professionnels des IT et une professionnelle de Marketing et de Community Management. Concernant les nouvelles compétences, nous en aurons sûrement besoin dans les jours à venir. J’invite vos lecteurs et lectrices à suivre nos actualités sur les réseaux sociaux, mais surtout en s’inscrivant sur la plateforme web pour avoir la primeur de ces offres d’emploi pour rejoindre notre fine équipe.

Quel regard portez-vous sur la jeune génération actuelle de la Diaspora Africaine qui se démarque de plus en plus par des innovations remarquables. Pensez-vous que cette Diaspora souvent taxée de désorganisée puisse un jour être un Acteur économique incontournable et majeur, favorable aux politiques africaines, bien que installée en Occident/Asie ?

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Je pense que les choses sont en train de changer et que la jeunesse de la diaspora commence à rêver grand. Elle a de plus en plus de grandes ambitions non seulement pour elle-même, mais aussi pour l’Afrique. C est vrai qu’il manque encore un esprit de réseaux professionnels solides, fiables et économiquement puissants , mais je crois que certains ont commencé à le comprendre. La preuve est que cette année seulement j’ai observé plus d’une dizaine de startups africaines de la Diaspora suivre une démarche vraiment bénéfique pour le continent.

Pour finir en trois petits points : quelle est l’actualité qui vous a marqué ces dernières semaines ? Le dernier livre que vous avez lu (ou que vous êtes en train de lire) ? Votre mot de fin adressé aux lectrices et lecteurs de Kamita Magazine…

Cette semaine, j’ai été marqué par la hausse de la valeur de la cryptomonnaie (monnaie électronique) qui a pris une ascension fulgurante avec 1Bitcoin qui dépasse désormais  la barre de 9000 dollars. Je m’inquiète sur les conséquences que cette monnaie pourrait engendrer dans la société.

Actuellement je suis en train de lire un livre tres intéressant de Olivier Roland « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études » qui donne une idée contraire de ce qu’on a toujours cru être les étapes d‘une vie réussie.

Pour clôturer je tiens d’abord à vous remercier pour cette belle interview ; ce que je dirais aux lecteurs et lectrices de Kamita Magazine est que nous africains de par le monde devons prendre conscience des connaissances que nous avons et qu’ensemble nous pourrions faire des choses incroyables pour notre communauté Afro. Investissez en vous et osez !!!

Commentaires

Ralf Touomi

Diplômé en journalisme, j'ai fait la rencontre des Antilles en 2012 en découvrant notamment la Martinique. Depuis lors, est née ma mission de contribuer à la création de véritables ponts entre l'Afrique, les Diasporas Africaines et les Afrodescendants Ultra-marins. Kamita Magazine est l'outil média qui apporte sa pierre à cet engagement personnel.

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