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Hassan Ndam, triple champion du monde de boxe dénonce une Mafia organisée au sein du Comité Olympique Camerounais

Hassan Ndam, triple champion du monde de boxe dénonce une Mafia organisée au sein du Comité Olympique Camerounais

Dans une interview accordée au Cameroon-Info.Net et recueillie par Peter Kum, le triple champion du monde de boxe, Hassan Ndam, relate les déboires des athlètes camerounais à Rio.

ENTRETIEN

Les athlètes camerounais reviennent du Brésil sans la moindre médaille, selon vous qu’est ce qui n’a pas marché ?

Vous savez, les Jeux Olympiques réunissent les meilleurs du monde. Viser la médaille, surtout dans les sports de combat comme le judo, la lutte, la boxe etc., demande une préparation spécifique ; au moins quatre années de préparation et une chance dans le tirage au sort. Malheureusement, ca n’a pas été le cas pour les athlètes camerounais.

Nous avons eu un mois seulement de préparation pour confronter les athlètes des autres pays qui se préparaient pour la même compétition depuis 4 ans. Certains athlètes camerounais ont fait leur mise à niveau au pays même et n’ont pas eu droit au privilège de la bourse internationale et des camps d’entraînement. Alors on ne pouvait que récolter ce qu’on a semé.

Comment était votre séjour à Rio ?

Pas du tout agréable. J’avais vécu une période de qualification assez difficile au Venezuela où je faisais mon stage. La facture de mon hôtel au Venezuela n’a pas été réglée par le comité olympique. Après ma qualification, les responsables de l’hôtel ont retenu nos passeports et ont exigé qu’on règle les factures de nos chambres avant de partir. C’était frustrant pour nous.

À notre arrivée à Rio mon entraîneur a été remplacé par un certain monsieur Essama qui aurait été envoyé par monsieur Ojong David (secrétaire général du CNOSC et chef de délégation de la Cameroun Team). J’ai constaté qu’il y avait plus de touristes dans la délégation camerounaise aux JO que des encadreurs et des athlètes. Les responsables de notre délégation ont profité de l’occasion comme d’habitude pour faire voyager leurs amis et membres de famille au détriment des encadreurs et des athlètes.

Faute d’une accréditation pour m’assister aux entrainements, mon entraineur n’a pas eu droit au restaurant ni l’accès au combat dans le coin du ring. Nous avons menacé à un moment d’abandonner les JO. Ca me surprend qu’on comptait sur moi pour faire des résultats. Je ne pouvais pas donner le meilleur de moi dans ces conditions. C’était vraiment pénible pour moi.

Vous accusez les responsables de la délégation camerounaise de n’avoir pas remis les primes aux athlètes au Brésil comme prévu. Combien devriez-vous toucher et combien avez-vous reçu ?

Les responsables de la délégation nous avaient promis ceci :
– prime de participation au tournoi de qualification 500.000 frs cfa.
– prime de qualification 500.000 frs cfa.
– Prime de stage 55$ par jour.
– Prime de séjour à Rio 5 000 frs cfa par jour.
– Prime de participation olympique 4.000.000 frs cfa.
– Prime de prestation qui variait selon les tours passé.

A ce jour, aucun athlète n’a reçu la prime de qualification et de stage. Après ma qualification j’ai été à Yaoundé pour la réception des sportifs et j’ai voulu récupérer mes primes à Yaoundé avant le départ pour Rio. Jusqu’à ce jour, les responsables de la délégation camerounaise aux JO Athènes 2004 me doivent encore 1.500.000 frs cfa de ma prime olympique.

Pour m’endormir, M.Ojong avait promis de me virer cet argent avant mon départ à Rio. Malheureusement pour moi, ça n’a pas été le cas. Quand je quittais Rio, j’ai vu les autres athlètes camerounais fondre en larmes. Ils sont certains qu’ils n’auront pas leurs primes.

Qui sont ces responsables qui auraient détournés les primes des athlètes selon vous ?

Pour moi, les seuls responsables de nos primes détournées sont les responsables de la délégation camerounaise, en collaboration avec ceux du CNOSC.

INFOS PRATIQUES

L’Intégralité de l’Interview, sur Cameroon-Info.net 

Commentaires

Ralf Touomi

Diplômé en journalisme, j'ai fait la rencontre des Antilles en 2012 en découvrant notamment la Martinique. Depuis ce jour, j'ai découvert, à l'instar de ce qu'invite à faire Frantz Fanon, ce que serait désormais ma Mission ici-bas...

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